Préparation Physique, paroles d'expert
L'adaptation, base de la théorie de l'entraînement et de la préparation physique
Jeudi, 31 Mars 2011 13:54

La préparation physique fait partie de la science de l'entraînement, elle est alors étroitement liée à la théorie de l'entraînement sportif. Elle couvrira les composantes de développement de la force, de la vitesse, de l'endurance, de la souplesse et des habiletés motrices, et entraînera les modifications organiques et fonctionnelles. Il faudra parler d'adaptations et celles-ci constitueront les bases de l'entraînement.

Le rôle du préparateur physique est de planifier et conduire des séances le plus précisément possible afin de faire progresser l'aspect athlétique du sportif et ce par l'adaptation de l'organisme au programme physique proposé. De manière générale, la définition de la notion d'adaptation est l'ajustement de l'organisme aux modifications de son environnement. Si l'environnement change, l'organisme s'adapte pour assurer son intégrité ou sa survie. En préparation physique, il en va de même, le sportif progresse car son organisme s'adapte à l'entraînement (charge de travail, exercices,...). En effet, l'activité physique régulière favorise la stimulation de l'adaptation, autrement dit, plus je m'entraîne, plus j'induis des modifications organiques. L'entraînement ne se fait cependant pas n'importe comment et il faut respecter certaines règles, en l'occurence quatre :
- l'augmentation progressive de la charge de travail (ou surcharge progressive)
- l'accomodation (ou diminution de la réponse face au même stimulus)
- la spécificité (ou transfert des résultats d'entraînement)
-l'individualisation (ou optimisation des performances)

La surcharge progressive : si l'on veut poursuivre la progression du sportif, il faut appliquer ce principe d'entraînement. Pour cela, il existe deux possibilités : l'augmentation de la charge de travail (volume ou intensité) afin de se situer toujours et au moins au niveau habituel de travail et créer des adaptations; le changement des exercices (nouveauté) afin de ne pas laisser s'installer une accoutumance au travail.
L'utilisation excessive du même programme d'entraînement sur une longue période ne permet plus l'adaptation de l'organisme et stoppe la progression, voire conduit au désentraînement. On comprend donc bien, ici, le besoin de rationnalisation de la planification annuelle et la gestion des périodes de récupération. Il faut savoir qu'un sportif de haut niveau ne peut se permettre, en période de compétition, de récupérer plus de 3 jours consécutifs, sous peine de perdre les bénéfices de l'entraînement.
Les programmes d'entraînement peuvent être classés en trois catégories : stimulant (respecte une charge de travail adaptée et suffisante), conservant (charge de travail juste suffisante pour maintenir la forme) ou désentraînant (charge de travail insuffisante et diminution de la performance ainsi que des capacités fonctionnelles).

L'accomodation : si l'on utilise le même programme d'entraînement sur une longue période, la performance diminuera par manque d'adaptations nouvelles de l'organisme, c'est le phénomène d'accomodation.
De plus, nous savons qu'un athlète débutant obtiendra plus de gains avec un programme peu chargé qu'un athlète de haut niveau avec un programme très chargé (principle of diminishing returns), autrement dit, il est d'autant plus difficile d'obtenir une progression quand on s'est entraîné depuis longtemps et beaucoup.
Afin de lutter contre l'accomodation, il faut offrir de la variété dans les programmes d'entraînement mais en restant proche des exigences spécifiques de la discipline. Ceci n'est pas sans créer un conflit entre variation nécessaire et stabilité liée au spécifique. Il est donc recommandé de modifier périodiquement le programme d'entraînement soit en quantité soit en qualité.

La spécificité : si l'on veut progresser dans une discipline sportive, il faut que les exercices proposés et l'entraînement soient différents ou spécifiques (chaque sport a ses besoins). En effet, les adaptations de l'entraînement sont hautement spécifiques, ce qui permet le transfert des résultats d'entrainement.

L'individualisation : si l'on veut qu'un sportif progresse, il faut tenir compte de ses caractéristiques. En effet, chacun est différent et le même exercice ne créra pas les mêmes adaptations selon l'athlète. En fonction du niveau de celui-ci, les méthodes doivent être de plus en plus individualisées pour optimiser les performances, autrement dit, si je suis débutant ou athlète moyen, un programme d'entraînement global pourra me convenir alors que si je suis haut-niveau, ceci ne me suffira plus et il faudra mon propre programme.

Référence : "Science and practice of strength training" second edition V.M. Zatsiorski - W.J. Kraemer 2006



 
Le foot italien vient prendre du muscle à ... Dijon
Jeudi, 31 Mars 2011 07:00

Article paru le 22 mars 1996 dans L'Humanité

"Le foot italien vient prendre du muscle à ... Dijon"
De notre envoyé spécial à Dijon.
"Les Italiens sont les plus professionnels à tous les niveaux. Notamment en matière de préparation physique". Blanc, Papin, Desailly, Deschamps, Angloma, Karembeu, ... Tous ces footballeurs français partis chercher la gloire de l'autre côté des Alpes ont prononcé, un jour ou l'autre, cette phrase. Ironie du sort, les méthodes utilisées dans le Calcio proviennent, pour une bonne part, des ... sous-sols de l'UFR STAPS (1) de l'Université de Dijon, France, où Gilles Cometti a installé, voici deux ans, le Centre d'Expertise de la Performance. Tous les plus grands préparateurs physiques du sport italien (football, volley, basket, etc) ont, en effet, un jour fait le déplacement du côté de la Bourgogne pour rencontrer ce maître de conférence que la presse transalpine a surnommé "le mage de Dijon".
Entre l'Italie et Gilles Cometti, c'est avant tout une histoire de coeur puisque l'homme a ses racines du côté de Cureggio, un petit village entre Milan et Turin. Aujourd'hui, cette relation est plus "physique". A l'origine, les travaux de Gilles Cometti sur la musculation. "La préparation physique est depuis toujours, explique-t-il, dominée par l'endurance et non par la force. Les médecins sont obnubilés par le coeur. Je pense, au contraire, que l'organe essentiel, c'est le muscle. Un exemple concret ? Le football. C'est un sport qui sollicite l'explosivité, il faut donc une préparation baséesur la musculation et non sur la course continue". Les chiffres sont éclairants : une étude réalisée par l'entraîneur Erik Mombaerts révèleque, au cours d'un match, 73% des séquences de jeu durent entre 0 et 30 secondes. Cometti : "Pour schématiser, le football de haut niveau, aujourd'hui, c'est 15 secondes de jeu, 15 secondes de repos et ainsi de suite. Il faut donc préparer les joueurs comme des sprinters".
C'est en 1989, lors d'une conférence à Milan, que les italiens découvrent ses travaux. "Dans la salle, se souvient-il, il y avait des gars de Parme et de l'Udinese. Ils ont été très intéressés parce que, là-bas, ils sautent sur tout ce qui bouge ! Quelques temps après, ils sont venus en stage ici avec des gens de Naples, de la Fiorentina, etc". A l'époque, le préparateur du Napoli, Giampireo Ventrone (aujourd'hui à la Juventus, NDLR), est tellement curieux qu'il se fait immédiatement traduire le livre pour la bagatelle de 6 millions de lires ! Na ples remporte cette année-là la Coupe d'Europe. Depuis quelques années, la Juve et Parme sont au top. En rigolant, lors d'un colloque en décembre 1994, Gilles Cometti, avait prédit une finale Juve-Parme en Coupe de l'UEFA...
Miraculeux ? "Il n'y a rien de sorcier, avoue-t-il. Au lieu des sempiternels tours de terrain, mon circuitcombine explosivité et aérobie". Exemples types de séances : "Un travail de barre dont le poids correspond à celui du corps. Flexion, extension. Puis travail de banc. On reprend la barre. Ensuite, franchissement de haies. Le tout dure une heure. Objectif : être rapide sur 10/20 mètres et sauter plus haut, ce qui correspond aux besoins du football actuel. Concernant l'aérobie, 10 secondes d'effort (courses rapides, charges), 20 secondes de récupération, puis 10 secondes d'effort, etc. Le tout, 7 minutes".
L'autre méthode (2) de Gilles Cometti : l'utilisation de l'électrostimulation, consistant, comme son nom l'indique, à faire travailler le muscle grâce à une stimulation électrique. "Cette technique peut remplacer, indique le "mage, la musculation lourde, maintenir le niveau de force en période de compétition, repousser le seuil de fatigue ou tout simplement augmenter la masse musculaire". Chez un footballeur, un travail d'électrostimulation sur le quadriceps (muscle de la cuisse) à raison de 3 fois par mois peut amener à une amélioration de la vitesse de démarrage, de la détente, de la frappe de balle. Cet appareil est aujourd'hui en bonne place dans les salles des grands clubs italiens.
"J'ai eu vent récemment, raconte Gilles Cometti, d'une étude de la Fiorentina. Une partie de l'équipe a pratiqué l'électrostimulation. Ils ont calculé que les joueurs étaient plus rapides sur 30 mètres que ceux qui avaient continué normalement les charges...".
(1) Unité de Formation et de Recherche en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives
(2) "Football et musculation", paru en 1993 aux éditions Actio
Laurent Flandre
 
Recommandations protéiniques pour les athlètes
Jeudi, 17 Mars 2011 15:08

Si l'on sait qu'un régime alimentaire pauvre en énergie pendant une période d'entraînement va provoquer une perte de masse musculaire et de force voire déclencher les signes d'un surentraînement, l'on sait également qu'un régime adapté permet d'être plus performant.

De nombreux débats portent sur la prise de protéines losque l'on est un athlète. En effet, la pratique sportive entraîne des microtraumatismes au niveau des protéines contractiles et un déséquilibre de la balance protéique de l'organisme. Un athlète qui présente un déficit en protéines va maintenir une balance négative en azote, ce qui augmente la dégradation des protéines et diminue la vitesse de récupération. Il est donc recommandé de prendre des protéines dans la ration alimentaire quotidienne, de l'ordre de 0.8g/Kg/jour pour un homme ou une femme sédentaire en bonne santé et de plus de 19 ans.

Il est d'autant plus important de consommer des protéines si l'on est sportif régulier ou avec une activité élevée. Le tableau en fin d'article montre quelle devrait être la prise de calories et de protéines en fonction de l'activité de chacun.

Les athlètes ont besoin de consommer plus de protéines que ce qui est habituellement recommandé et ils peuvent le faire par l'alimentation quotidienne ou par la supplémentation nutritionnelle (prise de caséine ou protéines du petit lait=whey).

Niveau d'activité Calories Protéines
Habituelle 25-35 Kcal/Kg/j

0,8-1 g/Kg/j

Athlète de force 50-80 Kcal/Kg/j

1,4-1,8 g/Kg/j

Athlète d'endurance

150-200 Kcal/Kg/j

1,2-1,4 g/Kg/j  

 
Entraînement de l'agilité sur échelles de rythme
Mercredi, 16 Mars 2011 16:16

Exercices sur échelles de rythme pour développer l'agilité (capacité à changer de direction sans perdre de la vitesse)

 
La préparation physique selon Gilles Cometti 2
Mercredi, 16 Mars 2011 15:54

La "théorie" Gille Cometti de la préparation physique se base sur la classification des qualités physiques avec le muscle comme structure centrale.

C'est à partir de ces notions qu'un certain nombre de principes ont été établis :

- Le principe de l'inversion de la pyramide de la préparation physique : on ne part plus de l'endurance (quantité) mais de la force et de la vitesse (qualité)
- La technique prime sur le physique : les qualités principales des athlètes sont techniques et/ou tactiques, les qualités physiques viennent en complément
- La place de la récupération : la préparation physique est là pour améliorer les qualités des joueurs et non les fatiguer, il faut donc tenir compte de la charge d'entraînement spécifique
- La recherche de l'efficacité : il faut supprimer l'inutile dans la préparation physique (exemples : échauffement traditionnel, étirements, ...) et rechercher la nouveauté
- L'amélioration de la qualité en premier : il faut développer la qualité musculaire puis la capacité à la reproduire dans le temps
- Les priorités du travail de qualité : 1=musculation ; 2=vitesse et bondissements ; 3=aérobie qualitative (type intermittent)

La video suivante montre la philosophie du CEP (centre d'expertise de la performance) Gilles Cometti à Dijon :

 
La préparation physique selon Gilles Cometti 1
Mercredi, 16 Mars 2011 15:15

Pour comprendre l'approche et la théorie de la préparation physique selon Gilles Cometti, il faut partir de la notion des qualités physiques ainsi que de son mode de classification.

En effet, de nombreux auteurs de la littérature scientifique classent les qualités physiques (force, vitesse, endurance, souplesse, adresse) en les cloisonnant ou en les mettant en opposition. Ceci semble inadapté et, au contraire, il s'agit de les mettre en relation afin de pouvoir les développer de manière cohérente et adéquate face aux besoins de chaque discipline sportive.

Un autre auteur (Gundlach), pour aller dans ce sens, a introduit la notion de temps, ce qui confère à la classification des qualités physiques une nouvelle dimension et ce qui permet de mettre toutes les qualités en relation. Il propose une classification tridimentionnelle sur les axes temps, force et vitesse, et d'ainsi replacer toutes les disciplines sportives et comprendre les besoins physiques de chacunes.

Mais cette classification reste théorique et, en réalité dans l'entraînement, subsiste un problème de fonctionnalité : comment entraîner ces qualités ?

C'est là que Gilles Cometti a proposé une nouvelle classification des qualités physiques en s'inspirant de l'idée de Gundlach, la tridimension. En plus, il s'est posé la question de la relation entre la strusture (appareil locomoteur de l'athlète : muscles - os -articulations) et l'énergie (ATP) dans l'activité sportive. Quel élément de la structure est en mesure de se développer pour être plus performant et ce à travers l'entraînement ?

En effet, si l'on veut classer les qualités physiques sur un axe tridimentionnel, il faut connaître la structure centrale : c'est le muscle. Il est bien l'élément central car c'est lui qui est responsable du mouvement, il peut être qualifié de moteur et il est transformable.

Sa transformation peut se faire sur les trois axes de la classification :

- l'amplitude : le mouvement dépend de la contraction du muscle et de sa longueur dépend la force produite (on parlera ici de concentrique, d'excentrique, de pliométrique, d'isométrique)
- le temps : le mouvement dépend de l'énergie nécessaire à la contraction musculaire (on parlera ici des trois filières énergétiques, aérobie, anaérobie lactique et anaérobie alactique, chacune possédant son délai d'intervention)
- le niveau d'analyse : le mouvement dépend de la coordination au niveau musculaire (on parlera ici de ponts d'actine et de myosine, de recrutement de fibres musculaires I-IIa-IIb et d'unités motrices, de coactivation des muscles agonistes-antagonistes, d'utilisation de segments pour les mouvements complèxes, haut et bas du corps).
C'est à partir de cette reflexion sur la classification des qualités physiques et du placement du muscle au centre des préoccupations que Gilles Cometti a mis en place sa "théorie" de la préparation physique...
 
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